Le grès — pourquoi j'ai choisi cette argile au-dessus de toutes les autres
La première fois que mes mains ont touché du grès, j'ai su que c'était fini. Pas dans le sens d'une fin — dans le sens d'une décision prise sans délibération. Le grès ne ressemble à rien d'autre. Il résiste différemment.
Cynara et les dieux — la légende grecque qui a tout changé dans mon atelier
La première fois que j'ai lu le mythe de Cynara, j'étais à l'atelier, les mains dans le grès. J'avais déjà sculpté des dizaines d'artichauts. Je ne savais pas encore pourquoi.
Cynara n'est pas le nom d'une fleur. C'est le nom d'une jeune mortelle punie par Zeus pour avoir refusé d'obéir — transformée en artichaut, muette, durable, obstinée. Quand j'ai découvert ce mythe, j'ai compris que je travaillais dessus depuis le début sans le savoir.
Donner forme au temps — comment je suis devenu sculpteur
La première sculpture que j'ai faite était ratée. Déséquilibrée, trop lisse là où il aurait fallu de la rugosité, trop volontaire là où la matière voulait aller ailleurs. Je l'ai gardée. Non pas comme souvenir de mes débuts — mais parce qu'elle me rappelle quelque chose d'essentiel : ce n'est pas moi qui ai choisi la sculpture. C'est elle qui s'est imposée.

